A l’origine de l’aventure Clare & The Reasons, il y a d’abord le couple formé par Clare Muldaur, fille du chanteur folk Geoff Muldaur, et Olivier Manchon, musicien français (clavier et violon) installé aux Etats-Unis. La légende raconte que, lors de leur première rencontre au Berklee College Of Music de Boston, il la fit pleurer et qu’ensuite, "une chose en entraînant une autre", ils se marièrent ! Installés depuis quelques années à New York, les deux musiciens rencontreront ensuite Alan Hampton, bassiste et autre membre important des Reasons. Evoquant le reste de la troupe, Clare raconte : "Nous nous sommes tous rencontrés au fil des concerts et des soirées à New York… Nous partageons la même vision de la musique et, surtout, nous avons la même passion pour la bonne bouffe et le thé !" Interrogée sur le fonctionnement interne du groupe, Clare insiste sur l’idée d’une véritable alchimie collective : "C’est vrai que j’écris les chansons mais, dans le fond, j’ai surtout l’impression de planter des graines… Il y a tellement d’aspects très importants de notre musique qui viennent directement des arrangements ou de la façon dont les chansons sont jouées que je ne peux pas y entendre autre chose qu’un vrai son de groupe. En tout cas, ça n’a rien à voir avec l’idée de la chanteuse accompagnée par son groupe de musiciens."
Produit par Alex Venguer, ce premier album de Clare & The Reasons impressionne d’emblée par l’exceptionnelle qualité de sa production. Clare : "Le son du disque était extrêmement important pour nous. Bien sûr, nous voulions faire un album dont nous pourrions être fiers, mais nous voulions surtout qu’il sonne comme la musique que nous aimons (celle des années 30 aux années 70). Donc nous nous sommes débrouillés pour réunir une vraie section de cordes (principalement des amis de Beth, Chris et Olivier) et tout enregistrer à l’ancienne, comme sur nos disques préférés." Accessoirement, le groupe aura aussi pu profiter des conseils et de l’expérience de Van Dyke Parks, qui est loin d’être le moindre des orfèvres en la matière. "Nous le connaissons depuis des années… D’abord par mon père, mais aussi parce que nous l’avions beaucoup vu durant notre exil à Los Angeles avec Olivier. Apparemment, le label n’était pas très chaud pour le laisser produire le disque, mais il nous a quand même donné beaucoup de conseils au cours de l’enregistrement. Finalement, il joue du piano sur ‘Love Can Be A Crime’ et je trouve qu’il a réussi à y laisser son empreinte…" Autre invité de marque, l’incontournable Sufjan Stevens vient poser sa voix sur "Nothing/Nowhere" : "Olivier joue avec lui depuis pas mal d’années, puisque Osso, son quatuor à cordes, sort ses disques sur Asthmatic Kitty (le label de Stevens, ndA). Leur prochain disque devrait d’ailleurs reprendre la musique électronique de Sufjan sous une forme réarrangée pour un quatuor à cordes. C’est un très beau projet !"
Evoquant souvent la magie et le raffinement exquis des plus belles réussites d’Andrew Bird (dont Clare Muldaur Manchon pourrait être une sorte d’équivalent féminin), The Movie (qui a déjà séduit des gens comme David Bowie et David Byrne) intrigue aussi par l’utilisation presque narrative de ses références cinématographiques. Clare : "Certaines personnes trouvent que ce disque a quelque chose de très cinématographique, mais je pense que c’est surtout le titre qui les influence… Ceci dit, il est vrai que j’ai une approche très visuelle de la musique et que j’envisage souvent mes chansons et les histoires qu’elles racontent comme de petits films."
Découvrez Clare & The Reasons !












