Martirio démarre sa carrière artistique avec le groupe Jarcha, en 1981. Ce groupe de pop-rock andalou était à la recherche d’airs plus flamencos. C’est alors que prend naissance Martirio, personnage créé de toutes pièces par Maribel Quinones, qui choisit comme signe de ralliement la "peineta", ce grand peigne typique des danseuses andalouses, les lunettes de soleil et des habits mêlant audacieusement tradition folklorique sévillane et touches post-modernes. En 1984 Martirio rejoint le groupe Veneno, fformé par Kiko Veneno et les composants de Pata Negra, Raimundo et Rafael Amador, dont les "bulerias" côtoyaient des blues aux tons résolument gitans. Veneno démontra, sous forme de tubes toujours increvables à ce jour, que le flamenco n’était pas l’apanage d’un cercle restreint de puristes nostalgiques mais bien une musique de son temps et sans complexes.
C’est en 1986 que Martirio publie son premier disque sous son nom, sous le titre de " Estoy Mala". elle s’essaye là à la première fusion, connue alors, de la copla espanola et du pop rock. Avec ce premier travail elle effectue une tournée en France et en Espagne. En 1989, Martirio édite son second disque, Cristaliros Machacaos. Elle continue d’y interpréter, d’une façon très personnelle, la copla, le flamenco et la chanson espagnole, teintés cette fois-ci de jazz et de blues. En 1991, Martirio lance son troisième disque, produit par Sony, La Bola de La Vida y del Amor, qui constitue l’un de ses paris les plus risqués. Elle cherche à y fondre la copla et les sonorités nouvelles nées dans la mouvance de Peter Gabriel.
En 1994, elle publie He visto color, disque dans lequel elle revisite résolument les airs des Sevillanas, qu’elle mâtine de blues, de jazz, de rap, de pop, de musique arabe et de swing. Cette même année, elle fait ses débuts comme actrice dans le film Belmonte, d’Iciar Bollain, une biographie du célèbre toréador des années 40. Elle s’aventure aussi dans le monde du théâtre et, pendant six mois, le temps d’une tournée avec la troupe du Centre Andalou du Théâtre, elle joue le rôle de Dona Ana de Ulloa, personnage créé par le dramaturge Pedro Alvarez Osoria pour la pièce intitulée Don Juan, Carnaval de Amor y Muerte.
En 1997, paraît son cinquième projet musical, sous forme de livre-disque, les Coplas de Madruga, où elle interprète tous les grands classiques de la " copla espanola", accompagnée d’un ensemble on ne peut plus jazz : Chano Dominguez au piano, Guillermon McGill à la batterie et Javier Colina à la contrebasse. Lors de la tournée de promotion, entamée l’année précédente, elle parvient à introduire, pour la première fois dans l’Histoire, la copla dans les festivals de jazz les plus importants d’Espagne. Cette même année, Martirio enregistre avec le chanteur cubain mythique Compay Segundo le disque intitulé Lo Mejor de la Vida. En 1999, elle écrit, en collaboration avec le pète Juan Cobos Wilkins, un livre, La Vuelta a Martirio en 40 trajes, édité chez la Maison Planeta. Dans cette autobiographie, Martirio dévoile, en usant de garde-robe comme prétexte, son iconographie émotionnelle. Toujours e 1999, elle punlie un nouveau répertoire de chansons, Flor de Piel, dans lequel elle interprète des chansons hispano-américaines accompagnée, à la guitare flamenca, par son fils Raùl Rodriguez.
En novembre 2001, paraît Mucho Corazon. ce disque conclut la quête, la recherche et d’adaptation faites par Martirio des " chansons galantes" du répertoire latino. produit par Raul Rodriguez et Martirio, qui ont pour conseil Webo, Mucho Corazon met fin à une trilogie : Coplas de Madrugada et Flor de Piel. Elle y est accompagnée par le même groupe de chant et de palmas flamnecas de Moron de la Frontera.
En 2002, Martirio prend part au disque Mujer,qui cherche à faire prendre conscience du problème du cancer du sein et dont les recettes sont versées aux fins de la lutte contre ce mal. La compagnie discographique Nuevos Medios réédite sous forme de compilation, pour fêter ses 25 ans d’existence, les deux premiers disques de Martirio, Estoy Mala et Cristalitos machacaos. Deux chansons sont également enregistrées à la demande de la marque Absolut. Pour faire bonne mesure, une exposition et une performance plastiqueet sonore ont lieu dans la Casa de Vacas à Madrid. En 2003, c’est la réédition de La Bola de la Vida y del Amor. Martirio collabore également au montage d’une adaptation très libre de la Carmen par la compagnie de danse de Ramon Oller. Début 2004, elle enregistre en direct au Teatro Monumental, à Madrid, le disque Acopplados, publié au mois de mai de la même année. Elle y retrouve le pianiste Chano Dominguez pour un nouveau voyage dans le monde de la copla, accompagnés cette fois-ci par l’orchestre symphonique de la Radio et la télévision espagnoles et un big-band au grand complet. En février, Martirio se lance dans un nouveau projet, en compagnie de la grande dame du tango argentin : Susana Rinaldi. C’est la naissance de Locuras, un pas de plus dans le jumelage de la copla et du tango, auquel Martirio s’est déjà essayé dans Flor de Piel. Le gouvernement de la Région autonome de l’Andalousie décerne à Martirio la Medella de Oro.
Martirio alterne depuis le specatcle Acoplados avec Chano Dominguez et des concerts en Trio, nommés Esencial.














