Matt Bauer > > >

Bio



En 1968, une jeune femme est retrouvée morte au bord d’un chemin de terre, près de Eagle Creek, au nord de Georgetown, dans le Kentucky. Pendant près de trente ans, elle est là « Tent Girl » (la « Fille de la Tente »), surnom attribué par le Kentucky Post & Times Star, car elle avait été retrouvée emmitouflée dans un textile ressemblant à un sac de tente. Cet album presente une série de scenettes entremelées, inspirées par l’histoire de cette fille, repensée en incorporant l’imagerie et les lieux de ce Kentucky rural ou Matt Bauer a grandi. Ces chansons explorent ce que signifie être chez soi et être perdu, ce que signifie passer de la vie à la mort.

The Island Moved in the Storm tire son nom d’une étendue de gravier et de schiste, dans une courbe de Triplett Creek, ou Bauer a grandi. Après une violente averse, l’ile « bouge » et change de forme, s’adaptant au nouveau débit d’eau.

L’album ne reflète pas seulement cette vision de l’inconstance et de la beauté éphémère dans les chansons qui prennent cette île pour décor. Dans les bois, on retrouve « des traces de pas de chevreuils disséminées, gelées dans la boue » et on peut apercevoir des chevaux sauvages pendant un court instant, avant qu’ils ne se dispèrsent au plus profond d’une forêt, le long d’un littoral. Des cheveux humains sont éparpillés dans un jardin pour éloigner les lapins et se retrouvent tressés dans des nids d’oiseaux et portés par le vent. Des filles sautent du haut d’un pont dans une rivière et « leurs cheveux flottent jusqu’aux cieux ». Mais l’univers de cette collection de chansons est un univers de puissante indifférence, tout autant que de beauté fugace. Un serpent noir rampe sans tête a travers l’herbe et les pissenlits, peut-être les mêmes pissenlits blancs qui voient leurs têtes « soufflées et emportées par le vent ». Un soldat gît blessé sur un terrain de bataille, imaginant une figure mystérieuse, à la robe de laquelle est suspendue une ribambelle de perches bleues, suffoquant encore. Alors que son mascara coule « comme des fils téléphoniques tombés a terre » il lui demande « es-tu celle / qui est venue pour me recoudre / et pour me sortir de la ? ». Un garcon compare la rencontre de ses parents à une araignée piegeant une mouche, une image qui évoque une relation désequilibrée, mais aussi, comme c’est souvent le cas dans The Island Moved In The Storm, un sens de l’inévitable et de l’ordre naturel qui va au-delà du jugement.

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Les arrangements musicaux conserve l’esprit d’économie et d’espace des précédents enregistrements de Bauer, tout en agrandissant sa palette de sons et d’instrumentations. Tout un éventail d’amis musiciens venus de Brooklyn, ou Matt vit actuellement, et de la baie de San Francisco apportent leurs contributions à ce disque. On retrouve ainsi Angel Deradoorian (Dirty Projectors), Alela Diane, Mariee Sioux, Greg McMullen (Chris Whitley), Elisabeth Dotson-Westphalen (St. Vincent), Nathan Wanta (Last of the Blacksmiths), Angela Webster (Rhett Miller), et Frank Floyd, avec qui Matt collabore depuis longtemps. Enregistré dans des penderies, des salons, des cuisines, des greniers, des salles de bain et des studios du Mission District de San Francisco jusqu’à Greenpoint, Brooklyn, en passant par Fayette County, Kentucky, The Island Moved in the Storm est tous ces endroits et aucun d’entre eux à la fois : c’est un moment de pure beauté, un instantané volé à un monde éphémère.

La musique de Matt Bauer est hantée par ce banjo antique (entendu lors de ses nombreuses collaborations avec Alela Diane, sur disque ou sur scène) et cette voix chaude, brute et intimiste qui nous enveloppe dès la première écoute dans un mélange vénéneux de mélancolie, beauté et austérité primitive. Après "Wasps and White Roses", il sort son nouvel album "The Island Moved In The Storm", enfin distribué en Europe. Un petit bijou de minimalisme folk, sur lequel on peut entendre (entre autres) les voix de Mariee Sioux, Madelyn Burgess ou encore Alela Diane...
A découvrir d’urgence...


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