L’ALBUM Après vingt deux années de travail, motivé par une forte passion pour le flamenco et pour faire suite à l’album Andalucia paru en 2008, je propose aujourd’hui avec Extremadura, l’expression d’un flamenco qui m’est propre. Je le joue au médiator, comme disent les aficionados en Espagne « à la Poua », ou plectre d’origine. Mes origines de guitariste « Reinhardtien » m’ont particulièrement servies. Pour cet album, j’ai réuni des gens que j’aime et qui ont accompli un excellent travail. Chaque fois, notre association s’est faite simplement et tout naturellement après une rencontre. Qu’il s’agisse du violoniste Laurent Zeller, du guitariste flamenco Tito, du contrebassiste Claude Mouton, du percussionniste José Palomo, de la danseuse Raquel Gomez, de la chanteuse Clara Tuleda ou du chanteur Alejandro Gimenez, tous ont fait preuve d’un sens artistique extraordinaire. Je vous laisse juge du résultat en souhaitant qu’en écoutant cet album, vous preniez le même plaisir que j’ai eu à le réaliser. Encore un grand bravo à tous ! Me he pasado un gran momento con vosotros. Ce disque est dédié à l’Espagne et à tous mes amis espagnols qui m’ont aidé pendant des années à accomplir cette musique. Muchas Gracias ! Raphaël Faÿs
LE PARCOURS Raphaël Fays apprend tout jeune le répertoire de Django Reinhart avant d’entreprendre, à douze ans, l’apprentissage de la guitare classique. C’est sur les conseils de son père Louis qu’il s’inscrit alors à l’Académie de guitare. C’est là que M.Gilbert Imbart, directeur de l’académie de guitare le remarque. C’est là que Mr Gilbert, Directeur de l’Académie, le remarque et l’incite à suivre l’enseignement de Terry Waterhouse. Plus tard, à l’occasion du Festival International de la Martinique à Fort de France, Raphaël rencontrera Narciso Yepes, une référence. Nous sommes en 1979. Par la suite, il rencontrera Michel Sadanowski, 1er prix de guitare de Paris, avec lequel il jouera en duo classique. Après avoir interprété les oeuvres des grands compositeurs (Sor, Villa Lobos, Tarrega, Albeniz, Sanz, Weiss), c’est naturellement qu’il se tourne vers la composition. Sa sensibilité poétique et son sens de la mélodie donnent naissance à de très belles pièces romantiques ou baroques. Raphaël Faÿs est un artiste singulier non seulement dans la sphère du « jazz manouche » (dont il fut, faut-il le rappeler, le premier artisan du « renouveau » dès le milieu des années 70) mais aussi dans le monde de la guitare acoustique. Raphaël Faÿs a exploré avec avidité trois domaines musicaux très spécifiques. D’abord le style de Django, l’incontournable référence. Ensuite, la musique classique et rien en ce domaine concernant les oeuvres pour guitare ne lui est étranger. Avec la modernisation de l’instrument par Antonio Torres vers la fin du XIXe siècle, l’Espagne a définitivement supplanté l’Italie et la France dans le domaine de la guitare. Se sont alors succédées plusieurs générations d’immenses compositeurs et de redoutables interprètes souvent habiles théoriciens et auteurs de méthodes précieuses. Dioniso Aguado, Julian Arcas, Francisco Tarrega, Emilio Pujol, Miguel Llobet, Fernando Sor, Andres Segovia, Narciso Yepes. L’étude avide et la fréquentation acharnée de ces génies de la guitare, sans oublier les oeuvres transcrites pour guitare de compositeurs comme Isaac Albeniz, Enrique Granados, Joachin Turina, Joaquim Rodrigo, ont mené Raphaël Faÿs tout naturellement en Espagne et bientôt en Andalousie. Sa rencontre avec l’immense Paco de Lucia qui lui prodigua des encouragements fut décisive dans l’immersion totale qu’opéra Raphaël Faÿs dans le monde du flamenco pendant ces 22 dernières années. Ce n’est qu’à l’automne 2005 qu’il commença à soulever un coin du voile sur quelques aspects de son travail andalou. L’album Gypsy & Classic propose alors six de ses premières compositions dans cette esthétique : Fandango (Los Arcos) / Primera Bulérias / Maître Paco Alégrias / Granaïma à Laruel / Buléria Andalouse / Soléa à Manzanas. Définitivement adopté comme un des grands acteurs de la scène flamenca, Raphaël Faÿs publie en 2007 l’album Andalucia, qui marque définitivement de son empreinte le répertoire flamenco. Son approche sensible liée à sa technique particulière au médiator donne à ses compositions un caractère généreux à la fois implacable et chaleureux. Raphaël trace avec détermination son sillon quelque part entre ceux de Ramon Montoya et de Sabicas ses deux maîtres absolus. Les leçons qu’il en tire, de Montoya, la redoutable simplicité et de Sabicas, la souplesse et l’étonnante agilité, sont mises au service d’une musicalité inédite et toute personnelle. Rares sont les musiciens qui à la manière de Raphaël Faÿs auront su investir des champs musicaux aussi variés qu’exigeants avec la même conviction, la même probité et le même bonheur. Plus que la performance, c’estl’humanité et la générosité de la démarche qu’il convient de saluer.












