Cet ancien ingénieur du son (il a travaillé, entre autres avec Daniel Mesguich) et multi-intrumentiste (il a étudié violon, piano et chant au Conservatoire) a commencé à écrire à l’âge de quatorze ans. Sur son précédent et quatrième album, « Poésie des usines », la chanson « Bernadette n’aime pas les enfants » a beaucoup fait parler d’elle. Diffusée sur le web avec l’appui du journaliste John Paul Lepers, cette cinglante rengaine a attiré les foudres de la censure. Alors Romain Dudek, héritier des chanteurs engagés des années 60 ? « Il parait que ma mère écoutait du Ferré et du Béranger à fond quand elle était enceinte de moi, confie le chanteur. Va savoir ce que ça peut faire à un nouveau-né ! Personnellement, mes goûts vont plutôt vers Björk, Satie et Massive Attack. » Ne le taxez donc surtout pas de chanteur engagé, ça l’énerve. S’il râle, tempête et se révolte, c’est que c’est sa nature ! Les étiquettes, il s’en soucie comme de sa première corde de guitare. S’il fallait le cataloguer, il préférerait l’appellation de « bon à rien », titre ironique de l’un de ses précédents albums. Bon à rien mais prêt à tout, toutes les colères, pourvu qu’elles lui semblent légitimes et humaines.
Pourtant, on aurait tort de ne voir en Romain Dudek qu’une sorte de rebelle professionnel sur des ritournelles en quatre accords pépères. Il peut évoquer Noir Désir croisant le fer avec Mano Solo, ou Trust faisant le bœuf avec Arno. Ajoutez Céline et Pierre Desproges pour la verve féroce et vous aurez une vague mais solide idée du tableau.











