[Plan d’occupation du sol, le nouvel album live de Zebda enregistré lors de la tournée 2012.
La track-list :
1)le dimanche autour de l’église
2)y a pas d’arrangement
3)Un je ne sais quoi
4)La promesse faite aux mains
5)Harragas(les brûlés)
6)Les deux écoles
7)Oulalaradime
8)Quinze ans
9)Le théorème du châle
10)Toulouse
11)Tomber la chemise
Audio
Deux extraits de SECOND TOUR l’album studio de Zebda paru le 23 janvier 2011.
- 01 le dimanche autour de l église
- 02 Le talent
Vidéos
Une vie de moins, le nouveau clip de Zebda
“Un je ne sais quoi”, le clip de Zebda.
Le Dimanche autour de l’église, clip de Zebda.
Zebda premier concert à Cahors, octobre 2011.
Zebda

Les origines
Dans les années 80, un embryon de Zebda prend forme dans le milieu associatif des quartiers populaires de Toulouse, au moment où la Marche des Beurs traverse une France qui digère le premier virage libéral des années Mitterrand.
En 1985, l’association Vitécri réalise Salah, Malik : Beurs ou les déboires de jeunes musiciens en quête d’un local de répétition. Ce petit film met en scène les Zebda Bird. Magyd Cherfi, entouré de ses copains de lycée Pascal Cabero (guitare) et Joël Saurin (basse), campe un animateur de quartier reconverti en chanteur. L’association est dissoute par manque de subventions municipales mais l’aventure humaine et musicale se poursuit. La troupe s’agrandit et devient groupe avec l’arrivée de Mustapha et Hakim Amokrane aux chœurs et Vincent Sauvage à la batterie. Le groupe s’appellera Zebda ou beurre en arabe.
Leur carrière musicale décolle vraiment en 1989 avec l’autoproduction de plusieurs cassettes - dont une intitulée Carte Nationale d’Identité, une thématique qui les suivra pendant tout leur parcours - et une sélection pour les Découvertes du Printemps de Bourges, où ils joueront l’année suivante. S’enchaine une tournée qui déborde des frontières de l’hexagone avec des passages en Italie et Grande-Bretagne. En 1991, alors que Rémi Sanchez (accordéon, claviers) rejoint le groupe, on les retrouve sur Ragga Buzzin’, la première compilation de reggae/ragga français.

© Bernard Benant
1992-2003 : les années Zebda
C’est en 1992 que le véritable premier album, L’arène des rumeurs, arrive chez les disquaires. Zebda s’inscrit pleinement dans l’effervescence de la scène alternative française. Son rock est festif et se teinte de rap, reggae, ska, funk, raï et chaâbi. Il se réclame autant des Clash que de James Brown, de la Mano Negra que de Fishbone, de Matoub Lounes que de Claude Nougaro. Des titres comme « Arabadub » ou « Baudis » préfigurent la touche Zebda qui explosera trois ans plus tard, avec leur deuxième opus.
Inspiré d’un discours tristement célèbre d’un Jacques Chirac pas encore Président de la République, Le bruit et l’odeur – chanson titre – est un brûlot antiraciste qui dénonce les inégalités sociales tout en rappelant le rôle essentiel de l’immigration dans le développement de la France. La promotion de l’album s’accompagne d’une tournée qui donnera son premier succès populaire à Zebda.
Il ne se démentira plus et culminera avec l’album Essence ordinaire, sorti en 1998.
En choisissant de le mixer aux Etats-Unis avec l’ingénieur du son new-yorkais, Nick Sansano (I Am, Public Enemy, Noir Désir,…), Zebda franchit un nouveau palier artistique. Offrant des morceaux à la production léchée, la formation toulousaine démontre qu’elle peut rayonner au-delà de son public traditionnel, sans renoncer à son message ou son identité musicale.
Quatre extraits marquent le tournant du siècle : « Je crois que ça va pas être possible », « Y’a pas d’arrangement », « Oualalaradime » et le tube de l’été 99, « Tomber la chemise ». Cet hymne festif se vendra un million d’exemplaires en single, restera 26 semaines consécutives au Top 50 dont 3 à la première place et dopera les ventes de l’album (triple platine plus de 600 000 exemplaires).
Zebda récolte les lauriers publics et professionnels lors des Victoires de la Musique 2000. Le groupe repart avec la Victoire du Meilleur Groupe de l’année et celle de la meilleure chanson, « Tomber la chemise ».
L’album suivant parait fin août 2002, le temps de prendre le recul nécessaire pour trouver le ton juste et poursuivre tout en se renouvelant. Le défi est relevé avec Utopie d’occase, un disque plus sombre que les précédents.
Le groupe enchaine les dates sold out, collabore, en novembre 2002, à un film sur les cités, Le bruit, l’odeur et quelques étoiles mais la rumeur d’une séparation se confirme.
Le double live CD-DVD, La Tawa est servi au public en guise d’au revoir, en 2003.
Les collègues et les combats
Devenu une composante incontournable du paysage musical français, Zebda ne renie pas pour autant les valeurs qui sont à l’origine de leurs choix artistiques. Le groupe s’engage dans des combats divers dont le ciment reste l’exigence de justice sociale ; la lutte antiraciste ou anti-intégriste, l’accès à la culture (place de concert à 9,90 francs disponible dans les magasins Tati), les soutiens aux sans-papiers, ou aux sinistrés de l’usine AZF.
Associant toujours la mobilisation à la culture et à la fête, l’idée de créer leur propre festival les travaille dès 1991 avec le lancement à Toulouse de « Ça bouge au Nord ». Cet événement populaire et engagé accueillera, au fil des éditions, des artistes comme Noir Désir, La Mano Negra mais aussi des générations plus anciennes comme Yvette Horner, Idir, Aït Menguellet et Cheikha Rimitti. Arrêtée faute de subventions, la manifestation renait au tout début des années 2000 sous le nom de « Ça bouge encore ». Depuis 2003, le festival « Origines Contrôlées », axé sur la thématique de l’immigration post-coloniale en France, a pris le relais dans la ville pas toujours rose.
En 1997, la famille Zebda monte le Tactikollectif et affirme ses affinités révolutionnaires en enregistrant sous le nom des Motivés un album éponyme coproduit par la feue LCR. Dix reprises d’hymnes de lutte, d’époques et d’origines diverses (dont le Chant des partisans, Hasta siempre…), mises au goût du jour que vont se réapproprier la plupart des manifestations du pays.
Le patrimoine culturel et sa transmission sont, depuis le début, une vraie préoccupation pour Zebda dont certains membres participent également à 100% Collègues, collectif de musiciens talentueux de la région toulousaine (Bernardo Sandoval, Serge Lopez, Jean-Luc Amnestoy…). Deux albums en public, tendance musiques du monde, allient morceaux traditionnels et compositions nouvelles qui promeuvent la solidarité et la fête.
Militants pour un projet alternatif au monde actuel, les membres de Zebda ont toujours manifesté un profond attachement à la politique au sens premier du terme. Un certain nombre d’entre eux s’engage très concrètement dans un mouvement citoyen, Motivé-e-s, qui aboutit à la présentation de listes dans différentes villes de France lors des élections municipales de mars 2001. C’est évidemment à Toulouse que ce nouveau venu dans la vie politique locale est le plus observé. Il obtient 12,38 % des voix au premier tour, fusionne dans une liste de gauche au second et obtient quatre sièges au conseil municipal.

© Bernard Benant
La parenthèse active
Après dix-huit ans de vie commune, quatre albums studio et plus d’un millier de concerts, Zebda officialise sa suspension en octobre 2003.
En 2004, Magyd Cherfi sort son premier album solo, Cité des étoiles. Œuvre intimiste, produite entre autres par Imhotep (IAM) et Mathieu Chedid (-M-). Le suivant, Pas en vivant avec son chien, parait en 2007. Et c’est en tant qu’auteur que Magyd est encore plus salué par la critique avec la publication chez Actes Sud de deux ouvrages : Livret de famille et La trempe.
Inséparables, Mustapha et Hakim Amokrane fonctionnent en fratrie. Tout en multipliant les collaborations avec, entre autres, Cheb Mami, Brigitte Fontaine, Tiken Jah Fakoly, Manu Chao, MAP…, ils produisent, en 2005, l’album Mouss et Hakim ou le contraire qui contient un texte écrit pour eux par Claude Nougaro, peu de temps avant sa disparition. Démarre ensuite l’aventure Origines contrôlées pendant laquelle ils parcourent trois années durant les scènes de l’Hexagone avec un répertoire de chansons écrites par des artistes immigrés algériens, souvent devenus ouvriers en France, entre les années 40 et 70. En 2010, ils célèbrent leurs vingt ans de musique, toutes formations confondues, avec une nouvelle tournée baptisée Vingt d’honneur et un album live éponyme.

© Bernard Benant
La renaissance
En 2008, certains échos évoquent la reformation de Zebda. Mais si l’envie est bien là, les emplois du temps respectifs ne sont pas prêts. Les plus impatients se contentent d’une reprise, en 2009, du Jaurès de Jacques Brel, qui donne lieu à un clip réalisé à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance du grand homme politique.
Ce n’est qu’en 2010 que les retrouvailles programmées ne sont plus un secret. Magyd, Hakim et Mouss apparaissent d’ailleurs sur scène plusieurs fois ensemble, pendant la tournée Vingt d’honneur des frangins Hamokrane.
Le retour de Zebda est bel et bien lancé avec une pré-tournée nommée « Premier tour », qui démarrera à Cahors (Lot) le 14 octobre 2011 et un album pour 2012. Le contexte électoral français n’est en effet pas pour rien dans la reformation de Zebda, absent du paysage culturel pendant huit ans. Révoltés par la situation politique et sociale du pays, les Toulousains ont récemment déclaré : « L’ère Sarkozy nous a regonflés à bloc. On a clairement calé nos retrouvailles sur la présidentielle de 2012 ».

Et ça cause !!!
Est-ce à cause du « soupçon de Marianne », est-ce à cause des « seuils de tolérance », des « pains quotidiens », des auvergnats, des voiles, des vœux pieux et des promesses athées, du mépris sous d’aimables facondes,
est-ce pour un « plan d’occupation du sol » que nous sommes à nouveau là ?
oui.

© ULRICH LEBOEUF
Quelques articles de presse :
La Dépêche du Midi : Zebda va se reformer à Cahors.
Lire l’article "Zebda c’est reparti" paru dans l’express.fr
La discographie de Zebda
1992 : L’Arène des rumeurs

1995 : Le Bruit et l’Odeur

1998 : Essence ordinaire

2002 : Utopie d’occase

2003 : La Tawa





















