Live-Boutique.com > > > Anteprima > > > Julien Lourau

rss
contact rss

Biographie Julien Lourau

S’il est une question qui revient sans cesse à propos de Julien Lourau, c’est celle de sa versatilité, et par-delà son rapport au monde du jazz. Curieuse interrogation quand on connaît son parcours, l’étendue du champ stylistique de ce saxophoniste, né le 2 mars 1970 à Paris, dans l’ouverture d’esprit post-mai 68 et désormais installé à Marseille.

Lui a commencé sa carrière pro à moins de quinze ans, à l’ancienne, avant de s’illustrer au tournant des années 90 avec Trash Corporation, l’avant-garde du jazz où se croisent alors la plupart de ceux qui vont compter. Ce sera l’antichambre du Groove Gang, qu’il monte juste après avoir enlevé le premier prix du concours de La Défense, en 1992. Au contact de cette drôle de bande bigarrée, le jazz va se métisser avec le funk et la soul, les rythmiques afro et les détours latino, suivant les courbes de ses longues tournées au-delà de l’Hexagone.

En clair, Julien Lourau cherche à ne pas reproduire les formules ressassées et trouve matière à se construire un avenir. « Le Groove Gang, c’était mon regard sur les Jazz Messengers, à ma manière et de mon temps. », analyse-t-il en 2009, dix ans après avoir tout arrêté. Avant il aura joué du jazz, dans tous les sens et en multipliant les séances : Marc Ducret, Henri Texier, Abbey Lincoln, Vincent Courtois, Magic Malik, Bojan Z... Après, il va signer en 2002 « The Rise », considéré comme son disque de la maturité mais surtout un sommet pour ceux qui aiment le jazz, une musique qu’il connaît trop pour se contenter d’en bégayer les figures de style. « Je me suis interdit de faire un disque de standards à vingt ans. A partir de là, tu prends ta pelle et tu creuses. » Ce qui ne l’empêche pas d’avoir grandi avec Sidney Bechet et Steve Lacy, Julius Hemphill et Stanley « Baddest » Turrentine, « le plus soulfull et le premier ténor qui m’ait marqué ». Mais s’il en est un dont la sonorité plane au-dessus de tous, c’est Wayne Shorter dont le « Speak No Evil » reste son disque de chevet, un modèle. Pour preuve, ce nouvel album, « Saïgon », qui, au détour d’une phrase bien ajustée au soprano, n’est pas sans évoquer l’univers onirique de Wayne Shorter. Hasard ou coïncidence : après avoir enregistré plusieurs galettes vers d’autres contrées, du diptyque « Fire And Forget » au duo electro avec Jeff Sharell « Brighter Days », sans oublier le sacré « Rumbabierta », Julien Lourau y est de retour en quartet. A la clef un son d’ensemble, souple et dense, qui rappelle justement celui de Shorter. « Selon Ari Hoenig, nous sommes proches de son quartet actuel. Pour moi, y a pas meilleur compliment ! », confiait-il voici deux ans.

A l’époque, il était au début de cette aventure codirigée avec le pianiste Laurent Coq, alors un quartette à double dénomination, en fonction de la rythmique : Jacmel, avec Ari Hoenig et Thomas Bramerie ; Saïgon, avec Otis Brown III et Vincent Artaud. Ces deux appellations faisaient allusion aux premiers concerts, en Haïti puis au Vietnam, de sa nouvelle équipée. Depuis, les choses se sont précisées, fixées autour d’une unique rythmique : Otis Brown III aux baguettes et Thomas Bramerie à la contrebasse. Une paire des plus complémentaires : d’un côté, « un jeu très organique et un travail extrêmement précis sur les flous », et de l’autre, « le pilier et un son supersonique ». Ces deux-là représentent, selon Julien Lourau, la « connexion new- yorkaise » de Laurent Coq. « Et moi, ça me permet d’avoir un trio comme là-bas, mais ici. » Ensemble, ils forment donc le Quartet Saïgon, du nom de l’un des thèmes fondateurs du projet qui en décrit assez bien les perspectives, de traits très abstraits à des décharges plus colorées. Ce thème-titre est selon son signataire, « un morceau descriptif, à savoir les Français accablés par le climat, l’ambiance moite et le souvenir des colonies, et puis au milieu, il y a un pont, qui marque l’arrivée des Yankees ».

Découvrez la playlist Julien Lourau avec Julien Lourau Saigon Quartet

Pour ce disque aux « tonalités automnales », Julien Lourau partage l’écriture du répertoire avec Laurent Coq, un musicien qu’il connaît depuis vingt ans. « A l’instar de mes deux précédents albums, ce n’est pas un projet que je porte tout seul. Ça faisait longtemps que Laurent et moi voulions composer un répertoire à deux. Il s’agissait de trouver un pont entre nos univers. » C’est ainsi qu’ils ont rodé le répertoire, se voyant régulièrement tous les deux et organisant une série de gigs tous les six mois depuis début 2007. « Nous avons beaucoup échangé et réfléchi avec Laurent. Ça a permis d’affiner le propos en prenant le temps. Chacun a mis sa touche sur ce que l’autre composait. » Avec un seul mot d’ordre : « Je voulais plus d’espace et écrire ce que je joue . » Emblématique, la méthode pour accoucher du thème « Baron Samedi », référence explicite à l’univers syncrétique haïtien, où Julien Lourau va s’enregistrer improvisant au saxophone puis tout recomposer à partir de cette trame initiale. « Il ne s’agit pas tout à fait d’écrire l’improvisation, mais plutôt de retranscrire le langage instinctif pour fournir la matière à la composition. » Comme une reformulation, à sa façon toute singulière, de la notion de liberté contrôlée, chère à Wayne Shorter.

Voilà ce dont parlent ces dix thèmes, enregistrés pendant quatre jours au studio de La Buissonne en décembre 2008, après des kilomètres de concerts. Résultat un album à la fois très patiné et très contemporain, plus de soixante-dix minutes au cours desquelles le maître de céans, aérien au soprano puis au ténor plus terrien, déploie de belles envolées en toute sensualité, sans jamais jouer devant, mais bel et bien au collectif. Les amateurs y devineront un juste hommage à la « formule classique du quartet », qui se conclut tout naturellement par l’unique reprise, « A House Is Not A Home », un hymne de gospel soulful composé voici 35 ans par Burt Bacharach et Hal David, porté en triomphe par Dionne Warwick puis repris par Sonny Rollins, autre soufflant majuscule dans l’univers de Julien Lourau. « Gamin, j’écoutais cette version sur l’album « The Cutting Edge ». Depuis, ce morceau m’a toujours suivi. C’est une mélodie que je joue aux enterrements, parce qu’elle n’est pas trop triste. » Elle prend tout son sens en pareilles circonstances, en une ultime pirouette qui sonne comme un éternel ressourcement. Comme un retour au jazz pour ce fils prodige, que les oreilles mal embouchées crurent un temps égaré de ce sillon fertile ? « En étais-je parti ? J’ai l’impression que je ne sais faire que cela. » Cela, c’est déjà pas mal, entendez beaucoup, me direz-vous.


avec


Contact scène Julien Lourau Myspace Julien Lourau
live !
Prochains
concerts

Prochains concerts Julien Lourau

voir +
/ / Plan du site / Réalisé par tutti image / RSS 2.0

Visiteurs connectés : 12

test :