Cachée derrière des zicos à gratte vaguement fleur bleue, la folk semble parfois perdre ses lettres de noblesse et son sens véritable de musique issue des traditions populaires...
Ce vendredi soir à l’International, l’IrlandaisDeclan De Barra a redonné au terme sa signification propre en faisant résonner un son qui nous a semblé venir du fin fond des âges tout en empruntant les chemins plus contemporains de blues, du rock indé et parfois même du slam.
S’il affiche un look de gros dur, on saisi vite que ce n’est qu’une apparence et que l’on va immédiatement entrer en prise directe avec sa sensibilité.
Une sensibilité à fleur de peau, à fleur d’âme, spontanée et directe, aussi pleine de mélancolie que de violence plus ou moins contenue.
S’il s’accompagne à la guitare et parfois d’un instrument à vent proche de l’accordéon, Declan de Barra, c’est avant tout une voix, d’une intensité aussi magnifique que touchante qui saisit directement le coeur pour ne plus nous lâcher, usant des trémolos et des vibratos, s’acoquinant tantôt avec les graves tantôt avec les aigus avec une grande justesse.
Habité tant par sa musique que par ses textes, il livre des mélodies qui révélent un talent de song writting rare, une capacité à transmettre les émotions avec une extrême subtilité.
Tantôt douces, tantôt fortes, sombres ou lumineuses selon les instants, elles nous transportent littéralement, voyageant de manière immobile des plaines iralndaises fouettées par le vent aux ambiances de pub dublinois (ou new yorkais d’ailleurs), ces endroits où soit les intempéries, soit l’alcool vous font ressentir les choses différemment, de façon plus entière. Declan de Barra met tout son coeur, toute son énergie à user de ses incontestables talents vocaux pour construire un univers sonore singulier, à la fois passionné et délicat, brut et raffiné, romantique au premier sens du terme, où la folie passionnelle n’est pas loin, à l’image de ce dernier morceau, où "nu"- sans micro, ni instrument, il chante, scande, presque, comme une invocation, "i will never love again". D’une franchise absolue, sans artifices, ni faux semblant, [Declan de Barra-rub304] s’affirme comme un barde des temps modernes, un artiste rare.
Extrait dewww.notfortourist-paris.com















