Il fait chaud dans la petite salle de la Maroquinerie. On est entre nous, avec les artistes. Et la pluie parisienne n’a pas empêché Karlex, Madjo et Manu Larrouy d’apporter un beau rayon de soleil pendant les deux heures de cette soirée hivernale en plein mois de juin.
La basse retentit. Le son roots de Karlex se fait entendre : la cérémonie musicale de ce soir a démarré. A la croisée des genres, Karlex étonne et surtout détonne sur scène par sa générosité et son investissement. N’hésitant pas à mélanger l’électro, le rock, le reggae ou les sons créoles, Karlex et ses musiciens offrent une demi-heure de voyage(s). La grande messe a bel et bien commencé à coup de lignes de basses tonitruantes… Le son dub est dans la Maroquinerie !
Pas le temps de se reposer qu’il faut continuer ses prières avec la belle et douce Madjo. Entourée de ses choristes et de son beat boxer, la jeune franco-sénégalaise illumine les planches de la Maroquinerie par sa douceur et surtout par sa voix. Alors qu’elle nous caresse les oreilles dès un premier morceau aux influences folk, on se retrouve tout de suite après surpris par la puissance soul qui se dégage de son petit corps. Madjo et ses compères de scène ont donc ébloui un public qui n’a pu, au final et à maintes reprises d’ailleurs, que saluer l’extraordinaire personnalité de la troupe.
La célébration touche à sa fin avec un Manu Larrouy bien détendu arrivant sur scène. Le cheveu mal peigné et l’allure décontractée, le toulousain a déjà charmé la Maroquinerie. Accompagné de son contrebassiste habituel et - chose nouvelle - d’un batteur, la formation prend un tournant plus rock sur certains morceaux ce qui n’est d’ailleurs pas déplaisant à écouter (malgré les gros problèmes de son durant tout le concert… dommage). En voyant Manu Larrouy interprétant « Toulouse », « Carla » ou bien évidemment le tube « Mec à la coule », on ne peut que constater que ce type a tout pour lui : sympa, beau et chanteur-compositeur-interprète de talent. Et tout ça avec modestie et simplicité. Décidément, on devrait envier Manu Larrouy. Mais on n’y arrive pas. Le capital sympathie de ce garçon est manifestement indéfinissable.
En deux temps et trois groupes, Pyrprod a offert en ce début de semaine et malgré la grisaille parisienne, une bien belle démonstration de talents. Un rituel auquel on aimerait beaucoup retourner tant sur le plan artistique qu’humain. La proximité de la Maroquinerie permettant réellement un échange et un contact particulier avec les artistes.
Dieu que cette prière fût bonne.
V. 15/06/2009












