Thomas VDB c’est un vrai enfant du rock, le genre qui dès 11 ans lisait Rock & Folk ou des fanzines métal en cachette dans sa chambre au lieu de réviser sa géo.
Du genre pour qui ça compte vachement plus de connaître le nom d’un chanteur d’un groupe obscur que celui du 17 ème président des Etats-Unis ou de l’auteur Tractacus-logico-philosophicus (et ce n’est pas, loin s’en faut, une tare !)

Du genre qui dès la prime adolescence, quand il a compris qu’être musicien, c’était pas fait pour lui, n’aspirait qu’à une chose, devenir journaliste rock.
ll y est arrivé et a bossé près de 6 ans à Rocksound, comme rédacteur puis comme rédac’ chef. Après plus de 500 interviews, il lâche l’affaire, mais pas le rock.
Fort de son expérience du milieu et fin connaisseur de la musique du diable, le garçon fait aujourd’hui son one man show et présente un spectacle réjouissant au Théâtre Le Temple.
S’il force un peu trop sur la gestuelle et les mimiques (on a parfois l’impression de voir un Jacques Martin Rock- mais cela lui évite de tomber dans la critique acide), on adore la manière qu’il a de tirer à feu aussi bien sur ce qui est pour lui "rock" (bien) et "pas rock" (espace très ouvert dans lequel jouent à la belote Vincent Delerm, Christophe Maé, les fans de jazz ou de techno ou la pop chrétienne...)
Fin observateur, il capte et restitue avec talent, drôlerie et tendresse (rock) ,les gimmicks et autres tics de "figures" de la musique : son imitation de Philippe Manoueuvre est juste excellente, et on kiffe sa façon de singer les cabrioles scéniques de Cali, les gestes rituels d’un chanteur de Death Metal interviewé et photographié par ses soins, ou encore l’accent incompréhensible d’un musicos écossais.
Avec énergie et dérision, il ouvre au public les portes du métier de journaliste rock- charette de bouclage, interviews désastreuses à partir desquelles il faut quand même écrire, difficultés à conjuguer les intérêts du mag et ceux des groupes ou de leur attaché de presse, questionnaire de base à toujours avoir sous la main...
Dès qu’on est un peu lecteur de ce type de presse ou soi même journaliste musical, on ne peut que marcher à fond, soit par plaisir de découvrir l’envers du décors, soit par celui de voir pointées les caractéristiques de ce qui fait notre quotidien.
D’ailleurs, le public marche à fond (nous aussi), et on a en permanence envie de se mettre à discuter avec
Thomas VDB, de partager avec lui notre propre expérience du rock, du pas rock et d’échanger.
Qu’on soit aficionados, amateur ou juste un peu intéressé par la musique, il est difficile de ne pas adhérer à ces chroniques burlesques et joyeuses, parfois ironiques mais jamais amères ni gratuitement fielleuses.
Si tout n’est pas à mettre sur le même plan et qu’on est pas pliés toute la durée du spectacle, on s’est pris une bonne tranche de rire intelligent et fin. Un sketche a particulièrement réjouit nos zygomatiques, celui où VDB nous donne la compréhension en français d’une chansons en anglais, vous savez quand on crois comprendre, par exemple, dans une chanson de Scorpion texto, "Ce soir je pue des pieds..."
En tout cas, on est bien contents de cette soirée passée en sa compagnie, heureux de voir un désormais comédien s’insuger avec facétie contre les dérives de l’estampille "rock" et de constater que le public adhère.
Thomas VDB joue au Théâtre le Temple jusqu’à fin décembre... Vous savez ce qu’il vous reste à faire !!
extrait de www.notfortourist-paris.com
















