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Bio Tengir Too

Billetterie Tengir Too

Tengir-Too est un ensemble créé récemment qui interprète de la musique ancienne.
Le groupe porte le nom de la chaîne de montagnes qui domine les cols de haute altitude reliant le Kirghizstan à la Chine et que l’on connaît mieux sous son nom chinois de Tian Chan : les monts Célestes.

La musique kirghize plonge ses racines dans la sensibilité des nomades qui habitent un spectaculaire paysage de montagnes, de lacs et de vastes prairies verdoyantes, où les énergies élémentaires du vent, des eaux et des échos, l’ubiquité des oiseaux et des animaux et les prouesses des héros d’antan ont servi d’inspiration à un art et à une technologie sonore remarquables.

Les Kirghizes vénèrent des sites d’une grande force spirituelle, appelés mazars, qui se caractérisent par des phénomènes naturels distinctifs : une source ou une grotte, une formation géologique exceptionnelle, ou encore une curiosité botanique, par exemple un bosquet au milieu de kilomètres de steppes arides et nues. Ces sites correspondent souvent au lieu de sépulture d’un saint, ce qui établit un lien concret entre la vénération des saints et les offrandes aux esprits. La force spirituelle des mazars a été une source
d’inspiration cruciale pour Rysbek Jumabaev, récitant de Manas, l’épopée héroïque kirghize. En visitant les mazars, Jumabaev cherche à entrer en contact avec l’esprit de Manas, le héros du poème.

Le style vocal que pratique Kenjegül Kubatova, style extraverti proche du bel canto, illustre lui aussi un lien avec les particularités de l’environnement — une célébration acoustique des paysages alpins, où les chanteurs travaillaient le volume de leur voix, afin de pouvoir se produire devant des auditoires nombreux lors de festivités en plein air.
Les chanteurs et compositeurs de chants, les akyns, ont été non seulement des
musiciens, mais aussi des poètes, des interprètes et des philosophes. Le don d’improviser des textes de chanson était fort prisé et les concours de poésie orale, appelés aitysh, se trouvaient au centre de la vie traditionnelle kirghize.

Les genres instrumentaux jouent aussi un grand rôle dans la musique kirghize. Au cœur de ces genres, on trouve la musique que l’on connaît en kirghize, langue turque, sous le nom de küü. Quel que soit leur sujet, les küüs confient à des instruments le soin de représenter ou de relater une histoire — ce qu’on appellerait en Occident de la « musique à programme ». Les interprètes des küüs ont souvent recours à la gestuelle, afin de renforcer la dimension narrative de la musique et, dans certains cas, ils fournissent un résumé écrit de l’intrigue du küü avant de le jouer. Certains de ces morceaux nécessitent une technique de virtuose, alors que d’autres dépeignent des émotions ou des états intérieurs complexes grâce à des moyens d’expression fort subtils. D’ailleurs, la traduction littérale de küü pourrait être « humeur », « état d’esprit » ou « tempérament ». Küü est aussi la racine sur laquelle est formé le mot küülöö, qui signifie « accorder » et qui évoque la capacité qu’ont certains accords ou modes musicaux d’agir sur l’âme et le psychisme humains.

Sous l’hégémonie soviétique, une grande partie de la musique traditionnelle kirghize a été perdue ou adaptée aux idéaux musicaux européens. Des orchestres d’instruments populaires, revus et corrigés, ont remplacé les solistes d’antan et l’introduction de la notation musicale a nui au caractère oral de l’art ancien, avec sa tradition profondément enracinée d’une transmission de maître à disciple. Après l’éclatement de l’Union soviétique, en 1991, les musiciens à travers toute l’Asie centrale ont commencé à retrouver le chemin des traditions ancestrales. Les meilleurs d’entre eux se sont efforcés non seulement de reproduire la tradition, mais d’innover à l’intérieur de ses limites.

Nurlanbek Nyshanov est le meilleur exemple de ces gardiens de la tradition et néanmoins novateurs. Sa vie musicale a été façonnée à la fois par son enfance à Naryn, dans les montagnes situées au nord du Kirghizistan, et par son expérience d’étudiant au sein du système d’éducation musicale créé en Asie centrale à l’ère soviétique. Diplômé de l’Institut des arts du Kirghizstan, établissement d’État devenu aujourd’hui le Conservatoire national, Nyshanov met en œuvre son talent de compositeur, afin de créer pour de petits ensembles des arrangements étonnants à partir d’un répertoire ordinairement interprété par des chanteurs ou des instrumentistes solistes. Toutefois, contrairement à ce qui se passait à l’époque des orchestres populaires de l’ère soviétique, l’ensemble Tengir-Too utilise des instruments kirghizes traditionnels et travaille à l’intérieur des limites propres aux formes, textures et genres kirghizes traditionnels. « Je veux révéler la palette entière des timbres qui caractérisent les instruments kirghizes traditionnels, déclare Nyshanov, au sujet du travail qu’il accomplit avec Tengir-Too. Ils possèdent tant de nuances, tant de couleurs ! La meilleure façon de les entendre et de les voir, c’est lorsqu’ils se trouvent réunis dans un ensemble où il leur est loisible de s’exprimer plus complètement. »


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