twitter
contact rss

Tentative de jalousie

Billetterie Carole Bouquet contact Contact

NOTES D’INTENTION

Paris, le 13 juin 2013

“ L’or de pacotille vous intéresse
Encore ? Las des grâces magiciennes,
Comment ça va auprès d’une terrestre,
C’est comment une femme sans sixième

Sens ?
Bon, la tête entre deux mains : heureux ?
Non ? Des fonds sans profondeur étant l’hôte,
Comment ça va, l’ami ? Plus douloureux,
Moins douloureux que pour moi près d’un autre ? ”

Extrait de “Tentative de jalousie” 19 novembre 1924 en Russie à la veille de son exil en France, Marina Tsvetaeva

Pour elle dire c’est faire,
Elle ne peut faire sans dire,
Et moi,
Je veux me taire et la laisser parler.
C’est cela que je veux faire, dire du Tsvetaeva.
Comprendra qui écoutera.
Pardonnez ma sincérité
Mais Marina n’est pas faite pour l’exégèse
Et ce n’est pas mon métier.

Carole Bouquet


Ni en liberté, ni en laisse

Un jour, Carole m’a fait le cadeau de Marina Tsvetaeva, comme ça, net et brutal, cinq ou six livres de trois cents pages.

Marina Tsvetaeva, poétesse russe, témoin direct de la Révolution, ayant reçu, -comme elle le dit- « une éducation aristocratique » et morte suicidée en 1941, à l’âge de 49 ans, dans une bourgade de Tartarie quelques mois après l’exécution de son mari et l’emprisonnement de sa fille, quelques jours après que le Comité des écrivains lui ait refusé un emploi de plongeuse.

Quittant l’URSS en 1922, aux côtés de son mari, Russe blanc -forcément rejetée par les Rouges-, elle s’installe à Prague, puis à Paris où elle écrit, entre autres, une lettre d’admiration à Maïakovski, le rouge, et se voit forcément rejetée par les blancs : « Ni en liberté, ni en laisse, ni épouse, ni pas épouse, ni celle de quelqu’un, ni celle de personne », dit Marina.
Le cadeau de Carole, je l’ai pris comme une échappatoire, une voie royale qui me permettait de sortir de l’Iran -mon pays et mon inspiration. J’allais travailler sur une Russe. Mais plus je la lisais, plus elle me précipitait vers l’Iran. Son vocabulaire est le mien : Révolution, prison, censure, soupçon, visa, passeport, allocation, retour. Son vocabulaire est surtout celui d’un autre grand poète, sur lequel j’ai longtemps travaillé, le mystique Roumi, lui aussi exilé, apatride -il avait fui au XIIIe siècle l’invasion mongole :

Je suis ni acier, ni cire,
Ni esclave, ni homme libre
Je suis serviteur et seigneur,
Je suis et ceci et cela.
L’homme ivre et le sommelier
Et le visible, et le caché.

Marina Tsvetaeva est tout cela -et n’est pas cela.

Nahal Tajadod


MARINA TSVETAEVA

Poète lyrique, Marina Tsvetaeva est née à Moscou en en 1892, publie dans des revues dès l’âge de seize ans, part en exil en 1922 pour une période de 17 années. Et en 1939, lorsqu’elle se prépare à revenir à Moscou, elle écrit à son amie Anna Teskova « Ici, je suis inutile, là bas je suis impossible ». La dernière décennie de sa vie, les poèmes sont rares, Marina lorsqu’elle retourne en URSS, en 1939, semble aller de façon consciente vers la mort. En 1941, celle qui écrivait en 1926 à Rilke « toute mort de poète, même la plus naturelle est contre nature, c’est à dire un meurtre », s’est pendue.

La poésie de Marina Tsvetaeva est une flamme ardente, une perpétuelle révolution, une adhésion personnelle du poète, elle vient du tréfonds et persiste une obsession amoureuse, une affirmation de soi, de la souffrance, du désespoir avec des tensions, des déchirements. Comme une rafale de l’âme avec toutes les contradictions qu’elle peut contenir. Une lutte continuelle. L’écriture est envahissante avec des effractions, des ellipses, une ponctuée d’exclamations, de tirets, de leitmotiv et toute une série de moyens mis en place (euphonie, analogies, effets de sonorités, redondances, rareté des verbes, inversions, etc.). Marina creuse au plus profond d’elle-même, jusqu’au centre de l’instabilité. Elle gravite autour de la peur de l’abandon, du désamour et de l’incompréhension.

Marina reçoit un soutien considérable de la part de Pasternak. Ce dernier l’encourage avec ses lectures critiques et attentives. « Le critique est un enquêteur et un amant », écrit Marina (dans Le poète et la critique). Pasternak joue un rôle important dans la vie de Marina et il l’introduit dans une correspondance à trois avec Rilke.

Ces correspondances, avec Rilke, Pasternak mais aussi Anna Teskova, prennent d’autant plus d’importance dans la vie de Marina qu’étant en exil dans un pays où la langue n’est pas sa langue natale, ses poèmes sont peu publiés. Et ceci même par les écrivains émigrés qui s’opposent bien souvent à la publication de ses poèmes. Loin de son pays, Marina se conduit vers son propre exil intérieur. De par ses contradictions, son refus des limites, sa provocation, Marina se trouve dans l’esseulement et des conditions de vie difficiles, la misère. Exilée en amour, elle connaît l’abandon, l’éloignement, avec Rilke qui meurt avant qu’ils ne se soient rencontrés, avec Pasternak qui est loin, avec la poétesse Sofia Parnok qui engage la rupture et l’abandonne ainsi, Mandelstam et Alexandre Blok sont morts.

Sans passion fidèle, Marina, la tragique, se sent la mal aimée. Marina après s’être exilée de tout, est évacuée du monde, sur son certificat d’inhumation en 1941 il est écrit : « Profession : évacuée »

contact Contact


live !
Prochaines
dates

Prochaines dates Carole Bouquet

voir +

{ Les liens Carole Bouquet }

billetterie Carole Bouquet

planning artiste